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dimanche, 03 mai 2020

Libé - Mort d'Idir : le peuple kabyle sans voix

L'«icône de l'art algérien», connu notamment pour «A Vava Inouva», est mort samedi à l'âge de 70 ans.
 
L’hécatombe, c’est le mot qui revient désormais dans le flux des réseaux tant les morts se succèdent du côté de la musique. Dernier en date, Idir, 70 ans, annoncé par la famille sur la page officielle de Facebook : «Nous avons le regret de vous annoncer le décès de notre père [à tous], Idir, samedi à 21h30. Repose en paix, papa.» Un message pudique, à l’image du personnage qui restera dans la mémoire collective comme l’une des principales voix (avec Lounis Aït Menguellet) du peuple kabyle, dans laquelle se reconnaissait plus largement la communauté maghrébine des deux côtés de la Méditerranée. Ce que confirment les témoignages, rassemblant bien au-delà des questions d’âges et de genres. Ces messages d’anonymes, ou de gens du «métier» comme on dit, en disent autrement plus long du chagrin que celui du président algérien, Abdelmadjid Tebboune, qui salue «une icône de l’art algérien». «Avec sa disparition, l’Algérie perd un de ses monuments.» Et comment.
 
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Nos Enchanteurs - Idir, 1949-2020
 
Qui n’a jamais vu Idir en scène ne peut s’imaginer la ferveur de son public, de ces femmes et filles et de leurs youyous qui éclatent de partout, comme les plus belles fusées d’un feu d’artifice, de ces vagues de bonheur, du regard des gens, de leur sourire. De cette tendresse dont l’épicentre est en scène : ce monsieur à l’allure banale, qui vous rassure, vous enchante de ses petites chansons, chaque fois « trois minutes de voyages, de rêve et d’utilité si on y arrive ». Des chansons qui, à elles seules, formaient le chant majeur d’Idir, somme de simplicité et d’émotion, d’inspirations traditionnelles et de respirations. Qui nous restituaient les joies et les peines, la vie quotidienne des femmes, les désirs frustrés, la calebasse saccadée qui rythme la tête et le cœur. Idir ne nous chantait que son pays, en tristesse belle mais en tristesse quand même. Des chansons douces comme quand on berce un enfant, qu’on le console et qu’on lui donne la force d’affronter l’avenir. Le public était son « métal précieux » qui par lui retrouvait l’ambiance de là-bas, le sel de la fête, le sucre de la douceur. Nul n’avait besoin d’être natif de Tizi-Ouzou pour vivre, le temps d’un concert, la fierté d’être kabyle, d’une culture minoritaire mais fière, qui s’emploie à se frotter à d’autres vents, à joindre à elle d’autres racines dans une rare évidence musicale : « Ça, c’est une flûte irlandaise. J’y fais de la musique kabyle dessus : c’est une forme d’intégration ».

16:12 Publié dans | Lien permanent